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31.03.2008
Lundi 31 mars 2008
Réponse du nouveau Serge
Je viens de lire et relire ton message.
Nous vivons tous les deux notre amour pour Marie.
Toi au plus profond de ton être, de ta vie. Ton amour depuis tant d'années, d'épreuves, de bonheurs, de touts et de riens.
Et moi avec pour seul histoire, un éblouissement, une révélation, une évidence.
Un amour comme un jour qui se leverait dans mon être tout entier.
Et qui se lève et se lève chaques secondes, à chacunes de mes pensées.
Je n'ai rien d'autre, je suis là avec cet amour pour seul bagage devant Marie et devant toi Martine.
J'aimerais bien t'expliquer le comment ou le pourquoi de cet amour.
Pourquoi je suis si proche de débarquer de ma famille, de ma vie d'avant.
Pourquoi J'ai mal de tout ce qui va bouleverser les miens et combien je suis conscient de toi, aussi.
Mais il y a ce sentiment incroyable qui s'est levé dans mon coeur.
Cette force qui m'ouvre les yeux sur celui que je suis, celui que je veux être.
Cette douleur aussi qui me transperce quand je ressens les tourments de Marie.
Ma rage de la sentir parfois si mal.
Déchirée entre toi et moi.
Ses peurs.
Je me battrais pour elle, contre tout, contre tous mais pas contre toi. Pas contre toi.
J'ai si peur aussi de la perdre.
Mais je pense aussi à toi.
Nous sommes aux deux points opposés d'un même horizon et cet horizon, notre ciel, notre soleil, nos nuits, nos aurores, nos averses, nos espoirs des beaux jours, c'est Marie...
Je la regarde et je reçois au plus profond de mon coeur chaques reflets de ses pensées.
Ses ombres, ses rayons, ce scintillement dans ses yeux.
J'aime quand son regard se trouble.
Quand elle lache un soupir-rieur.
Quand elle tourne son visage vers moi.
Je l'aime quand elle dépose Marmiesse pour retrouver Marie.
Mais j'aime aussi l'inverse.
Martine tu dois beaucoup m'en vouloir, tu dois tellement m'en vouloir. Me détester.
Mais comment te dire ce qui se passe dans ma vie ?
Marie me submerge, elle me recouvre et elle m'emporte.
Ton message me bouleverse et me transperce.
Je l'aime.
Et toi tu l'aimes.
Je ne peux rien contre moi ni contre toi.
Ce soir je ne peux que t'écrire ces mots maladroits.
Serge
12:52 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime
Lundi 31 mars 2008
Lettre au nouveau Serge
Elle est ma vie, ma lumière, mon âme.
Elle connait tout de moi et je sais tout d'elle même ce qu'elle ne me dit pas.
Chaque matin, depuis tant d'années, elle est ce miracle inattendu et improbable qui me permet d'ouvrir les yeux et de sourire, et d'avancer confiante malgré la violence de nos vies et la fragilité de nos forces.
Elle est ce sourire rassurant et ce rire éclatant qui me font rentrer chaque soir à la maison, l'âme et le corps en paix avec les autres, avec moi-même.
Elle est la seule certitude et, avec Lucie, le dernier espoir de mon existence.
Mais elle est libre, libre de vivre et d'aimer, libre de respirer un autre air que le mien : elle le sait, nous en avons déjà parlé ensemble et bien avant toi.
Elle est ma vie : je n'en ai et n'en veux pas d'autre.
12:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime
27.03.2008
Jeudi 27 mars 2008
Encore une nuit sans dormir. Les mercredi sont mortifères. Je n'arrive pas à me sortir de la tête vos étreintes, tes râles de plaisir, tes mains qui le guide jusqu'à l'orgasme. Je vois ton corps s'abandonner aux vagues qui te submergent petit à petit, tes yeux qui se ferment et ta tête qui l'encourag jusqu'à l'explosion qui te cloue entre ces bras. Le dernier homme qui m'a pénétré c'est le gynécologue que j'ai vu mardi matin pour ces saignements qui n'ont pas cessés depuis ton retour de chez ta tante le 3 mars dernier, il y a presqu'un mois. je n'ai ressenti aucun p^laisir, aucun fantasme. Je n'en ai même pas plaisanté avec toi : pas le temps et pas l'envie. Mercredi prochain je retourne le voir pour une échographie. J'aurai après cela un poids de moins ou un de plus sur les épaules. J'ai 46 ans est c'est peut-être le début de la ménopause. Ironie du sort! Au même moment tu fais des cabrioles dans le lit d'un homme. Psychologie me dis-tu? Ne dramatise pas, Martine? Je ne sais pas si j'en fait trop; je ressens, mon corps traduit. Vos étreintes l'après-midi et ta peau, si douce ta peau, contre moi le soir dans notre lit! Il va bien falloir que je m'habitue, que je partage. Car c'est moi qui donne et lui qui prend. Les rôles assignés sont bien ceux-là : celui du cocu et celui de l'amant. Qu'il t'aime ne change rien puisque je t'aime et que ça ne modifie en rien ton attirance. C'est toi, et toi seule, qui lui donne sa légitimité. Et je me dis que ce don est le seul moyen pour moi d'exister encore ; c'est pour cela que j'ai besoin de savoir quand tu le vois afin que je puisse t'accorder ce droit et essayer de contrôler ma jalousie.
La conclusion qui revient sans cesse lorsque nous parlons de cette histoire est que, nous aimant tous les deux, tu voudrais vivre avec nous deux. Un remake de "Jules et Jim" qu'il faudrait que je revois. Et je t'imagine en immense Tour Eiffel faisant la jonction entre nos deux rives : la rive gauche pour moi avec la BNF et le MK2, la rive droite pour lui avec la Cinémathèque et le Cours St Emilion. Et toi, faisant le grand écart par dessus la Seine et la passerelle Simone de Beauvoir (encore et toujours elle) dominant les deux rives de tes amours du haut de ce symbole phallique parisien. C'est étrange que ce soit toi la représentation masculine de ce trio!
12:49 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime
26.03.2008
Mercredi 26 mars 2008
Impossible d'attendre de me retrouver devant l'écran pour écrire. Trop frustrant de patienter et trop fatiguant le soir de trouver un vrai moment de solitude pour vider ma boite de Pandore. Elle fourmille, creuse et, parfois, trouve de nouvelles grottes à explorer plus lointaines et plus noires que les précédentes. nous sommes mercredi et le nouveau calendrier amoureux que tu m'imposes fera de chacun de mercredis à venir (que tu le vois ou pas) un de tes dimanches : un jour batard rempli de desespoir et de blessures encore invisibles. Je t'ai quitté ce matin et je voudrais ne pas avoir de tes nouvelles de la journée. Comment supporter ta voix me raconter ta matinée au collège, m'égrenait les lettres déposées par le facteur ou ton rendez-vous chez le dentiste ce soir? Comment faire l'impasse sur ces quelques heures dont je ne veux pas entendre parler et qui, semaine après semaine, fissurent mes fondations?
Lundi soir en rentrant de chez Yves et Jacqueline, tu m'as encore et encore parlé de lui. Ce que tu me raconte est troublant, très destabilisant. Tu ris de constater que nous employons, lui et moi, les mêmes mots, les mêmes arguments pour parler de toi et de notre amour. Tu me décris aussi ce qui t'a séduit en lui, son côté si féminin d'assembler les mots, sa finesse et son humour. Et tu m'expliques aussi que c'est tout cela qui t'a fait m'aimer. La différence fondamentale est qu'il est un homme avec une taille d'homme (c'est à dire plus grand que toi), une voix d'homme et surtout, un sexe d'homme. Tu as découvert l'autre visage de ce Janus, mon double Gémeaux, cette partie qui te manquait et que je ne peux pas combler. Et, en plus, il aime cuisiner et tu m'as subtilement glissé qu'il le faisait bien.
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25.03.2008
Mardi 25 mars 2008
Hier je me suis sentie légère, euphorique mais toujours à la limite, border line. Je ne sais pas si Mon Amour en a conscience ou si elle est tellement focalisée sur le nouveau Serge qu'elle n'arrive plus à percevoir ce mouvement de balancier contre lequel je lutte. Nous étions réveillée de bonne heure hier matin et, à nouveau, nous avons parlé, l'une après l'autre, l'une avec l'autre de ce qui bouleverse nos vies. Tu me parles beaucoup de lui, de ses peurs, de sa révolution, de ce qu'il aime. Je deviens pour toi la confidente, l'amie, celle à qui on peut presque tout dévoiler. Je suis incapable de t'arrêter, je suis captivée car ce n'est pas lui que tu me découvres mais toi; toi que je connais, toi que je sens comme je respire. Et dans cette intimité qui ne ressemble en rien à ce que nous avons tant de fois partagée, lovées dans la pénombre de notre chambre rouge, perdues dans la chaleur protectrice de la couette, ma main caresse ta cuisse, ton ventre et le renflement rassurant et excitant de ton pubis. Le mouvement de ma main est hypnotique et complétement détaché de ma volonté : ma main vit ce que mes mots ne te disent pas. Et, lentement, tendrement, je sens ton corps qui se relache, tes cuisses qui imperceptiblement s'ouvrent et se préparent, soumises à la jouissance qui va déferler.
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23.03.2008
Dimanche 23 mars 2008
Depuis quelques jours je dévie de ce que je voulais écrire au départ : me raconter à toi comme je ne l'avais jamais fait, comme une urgence absolue pour ne pas me perdre et te détruire dans un même mouvement incontrôlable. Oui, c'est cela, exactement cela; cette nécessité de retrouver le contrôle de ma vie. Tout se disperse autour de moi et je ne peux pas rester immobile à espérer un improbable retournement de situation, que tout redevienne comme avant doux et calme, paisible et rassurant. Mon éternelle inconstance dans la prise de décision n'a jamais eu ni le premier ni le dernier mot lorsqu'il s'agit de toi et de tout cet amour, un peu encombrant aujourd'hui, que j'ai pour toi. Je sais ce que je veux continuer à vivre avec toi et j'accepte tout de toi pour pouvoir continuer. J'aime ma vie avec toi même si elle est parfois routinière et minée par le quotidien. Il n'y a pas d'autre façon de vivre vraiment avec l'autre, aucune autre manière de se coltiner avec la vie. Le reste, l'inattendu et l'extraordinaire, est toujours présent et palpable du moment qu'on le veuile ensemble. Aujourd'hui tu as ouvert une porte nouvelle et en la laissant être poussée par un autre c'est la notre que tu m'as claquée au visage. Tu vis dans l'exaltation de la découverte, de la liaison impossible coupée de ce quotidien qui te pèse. Rencontres furtives que je sais ou pas, appel téléphonique dès que tu trouves un moyen de t'éloigner de moi le week-end, et surtout tous ces textos aller-retour qui te permets de ne pas lâcher ce lien si ténu qui te lie à lui. Rêves de midinettes mais rêves que tu vis sincèrement. Et j'essaie de me retrouver dans ces circonvolutions qui deviennent uniquement celles de mon esprit torturé.
Nous parlons souvent mais avec moi de larmes et de colère. Nos mots ouvrent des brèches inexplorées de nos pensées et de nos personnalités. Je sens bien que tu n'accordes aucune importance à des gestes ou des mots qui, pour moi, sont essentiels. Je te le dis, tout fait ou doit faire sens. Un sourire, un voile de tristesse dans ton regard, un soupir et je m'envole te retrouver sur la lune ou je deviens le suif de la bougie qui fond. Tous mes sens sont en éveil et guettent tous les signaux que tu émets. Je ne suis plus qu'un baromètre géant et ambulant qui a comme unique raison d'être de prendre la température de tes amours et d'éviter qu'ils ne débordent et nous anéantissent. Je ne suis pas seulement une spectatrice attentive puisque je joue dans la même pièce de théatre, que je n'ai pas le meilleur rôle de ce vaudeville et que je fais en sorte à chaque minute qui passe de ne pas sombrer dans la tragédie.
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20.03.2008
Jeudi 20 mars 2008
Ce mercredi est enfin passé. Mercredi 19 mars! Un mois que je prends conscience que tu t'envoles, que tu t'échappes loin de moi. Le 19 février tu es allée au restaurant avec le nouveau Serge, la première fois que tu le voyais m'as-tu dit. C'est sans doute la vérité pourtant tu savais déjà pourquoi tu y allais. Les mots avaient été échangés, ceux qui vont transformer ma vie, la notre, définitivement. Bien sur que je n'ai pas à te rappeler ce qui se terre derrière cette date : tu es marqué à vie. Et je le suis aussi, marqué au fer, aux larmes et au désespoir.
Hier j'ai essayé de construire un mur mental entre ton après-midi et la mienne. Surtout ne pas imaginer ta fébrilité à le retrouver chez lui ou dans un hôtel (chez lui plutôt). Surtout fermer mon esprit, ne pas te voir avec ta culotte et ton soutien gorge noir, ne pas t'en vouloir d'avoir mis ce matin une de tes grandes culotte blanche et de m'avoir dit, pour me rassurer, je sais, que tu avais encore tes règles. Je connais trop tes regards, ton corps et ton cycle pour que tu puisses me leurrer. C'est ma force et ma faiblesse.
As-tu pensé à mes paroles lorsque tu t'es retrouvé en sous vêtement devant lui? Je sais, même si tu le niais, que cette culotte noire n'avait qu'une seule raison d'être, qu'une seule justification : ce moment de pleine séduction où tu allais te dévêtir la première fois pour lui. Cet instant où il n'y a plus de retour en arrière possible. Si tu ne le ressens pas pleinement à ce moment précis, la machine a commencé son travail, la matière première est en cours de transformation. La seule incertitude pour chacun de nous trois est de ne pas pouvoir imaginer ce qu'elle est en train de fabriquer. Personne n'en sortira indemne, sans blessure profonde ou même mortelle, sans avoir perdu la part d'innocence de nos âmes.
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18.03.2008
Mardi 18 mars 2008
Les jours et les nuits se succèdent sans que j’aie la notion du temps qui passe. Trois semaines que je ne mange presque plus, que je ne dors presque pas. Je suis changeante, mouvante. Un instant euphorique et survolté puis, je te sens glisser "ailleurs" et je suis à nouveau terrassée et pétrifiée de rage et de douleur. Je suis droguée, complètement accro et dépendante du bonheur que tu m'as donné, de l'amour que nous partageons chaque minute de notre vie et la peur que tu disparaisses même partiellement de ma vie me stupéfait. Je n'ai jamais connu de tels sentiments contradictoires et irrationnels et quand j'essaie d'apercevoir la vie que je pourrai avoir sans toi, un grand rideau noir s'abat sur ma tête ne laissant place qu'à une seule image et qu'u seul son : ma main tenant un pistolet contre ma tempe et le bruit de la déflagration qui mettra au passé ce que j'ai été.
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11.03.2008
Mardi 11 mars 2008
J'essaie difficilement de redonner du sens à ma vie puisque notre vie, aujourd'hui, me semble irréelle et factice. Je sais que je vais m'installer dans un nouveau rôle, celui de celle qui fait comme si tout n'allait pas si mal. Faire bonne figure! Donner le change et serrer les dents! Rire et sourire tout en étant lacérée à l'intérieur. Comme j'ai peur que cette comédie ne finisse par déteindre sur cet amour entier que j'ai pour toi, par dissoudre insidieusement la confiance que j'ai en toi. Je n'arrive pas à me sortir de l'esprit que tu me mens en permanence et pas seulement pour me préserver. Le mensonge salvateur j'y ai cru longtemps; s'arranger avec la vérité car il est si difficile de se connaître et d'accepter les lâchetés et les compromissions. Et c'est bien cela qui me déchire : comment t'arranges-tu avec toute cette histoire de cocus et de jalousie?
Pourtant c'est de moi que je voulais parler et je dévie sur toi et sur ta trahison. Je ne sais pas si la première lettre que je t'ai écrite était une lettre d'amour. Tu m'affirmes que oui. Je n'ai dans ma mémoire que le désarroi dans lequel je me trouvais. Pas comme celui dans lequel je suis en ce moment mais un profond malaise, un trou noir me traînait très bas. Je me revois elle que j'étais, revenant d'un match de volley ball, un mauvais match avec une mauvaise équipe. Je rentrais en métro et il devait être 23h. Tu le connais bien toi aussi, même si tu en as perdu les sensations créées par le quotidien, ces mouvements du métro : c'est arrêts et ses démarrages hoqueteux, ces accélérations que le corps accompagne dans les virages, et ce bruit qui te coupe du monde lorsque tu fermes les yeux. Tu te retrouves encore plus seule au monde que perdu au milieu d'un bois. La solitude de l'anonymat. Aujourd'hui encore, lorsque je pleure c'est toujours plus facile dans un wagon de métro ou de RER isolée grâce à un dernier bouclier : une paire de lunettes de soleil. C'est comme cela que ça c'est passé ce soir d'un mois dont je n'ai aucun autre souvenir. Je suis rentrée chez moi et mes parents étaient déjà couchés. Chantal n'était pas là non plus ce qui était la meilleure des choses puisque je pouvais disposer de notre chambre sans contrainte. Je me suis allongée sur mon lit encore vêtue de mes affaires de sport. Tu imagines bien qu'il n'était pas question pour moi de prendre une douche avec les filles de l'équipe ni avec qui que sois d'autre d'ailleurs. Mon corps, jusqu'au jour où tu m'as dévêtue, était un objet, oui un objet, tabou. Je ne l'aimais pas et il m'aura fallu toutes ces années et ton regard gorgé d'amour pour que j'apprenne à vivre avec lui sans qu'il soit un fardeau. Je suis restée un moment allongé dans le noir laissant ce corps se vider de ses larmes. Elles s'écoulaient silencieusement et pourtant le sang battait dans mes tempes comme s'il cherchait le moyen le plus rapide de faire chuter la tension dont il était prisonnier. Et, comme, je le fait ce soir, incapable de quoi que ce soit d'autre, je me suis installée à mon bureau aveuglée par la lumière de ma grosse lampe d'architecte qui rejetait dans l'obscurité de la chambre les ombres et les fantômes qui refusaient de me laisser vivre.
09:33 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime
09.03.2008
Dimanche 9 mars 2008
Nous les avons eus nos jours de pleurs, de paroles et de tendresse aussi. Quatre jours pendant lesquels la violence de nos sentiments est apparue. Tes sentiments pour lui et les miens pour toi. L'amour que tu me portes, même s'il est encore présent (tu me l’as dit et redis), tu le laisse en retrait, en suspension. Tout ton être est tendu vers lui, vers ses messages et ceux que tu lui transmets. Je t'ai dit ma souffrance, mes déchirures mais ça sert à quoi. Quoi que je t'ai dit, quoi que tu as murmuré me fait mesurer la violence du choc que nous vivons. Tu ne veux pas renoncer à cet amour mais c'est finalement à moi de le faire, à moi de ne pas avoir le choix de vivre une double vie : essayer de te sourire, de te rassurer et, ensuite, me cacher pour étouffer les cris que je maintiens, de toutes mes forces, au fond de mes intestins, de mon estomac, de mes poumons. Je suffoque et me retrouve à genoux incapable de rester sur mes deux jambes face aux assauts de cet amour qui, forcément, t'éloignes de moi.
Tu m'as demandé de ne pas dramatiser la situation puisque tu ne sais pas où tu en es. Tu m'as raconté vos échanges, ses confidences et ses blessures et j'ai écouté. Quatre jours durant, sans répit. Et j'ai compris à quel point tu étais ferrée, accrochée définitivement à celui que tu as retrouvé depuis un mois à peine.
Ce soir, comme la nuit dernière, je suis une pile électrique. Je tourne et me retourne dans notre lit. Mon dos me fait mal tant la tension est installée. Et toi, à coté de moi, tu es envahie d'une infection vaginale. Étrange apparition d'il y a quatre jours et qui ne s'améliore pas. Cela me ferait presque rire si je n'étais si inquiète. Et je suis là, près de toi, à te regarder dans le noir et le sang de mes règles que je n'ai pas eu pendant les deux derniers mois s'écoule lentement depuis lundi soir au moment où nous nous sommes retrouvées. Et dans ce noir, où la lumière irradiant de nos corps, de notre amour me suffit pour t'aimer toujours, la vibration insupportable de ton téléphone portable me donne l'estocade et me pousse en courant devant l'ordinateur et ce journal comme ultime refuge et dernier lien avec toi.
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