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22.04.2008
Mardi 22 avril 2008 18h15
Autant la journée d’hier fut lumineuse, autant celle d’aujourd’hui est en harmonie avec le ciel gris, ses nuages bas et ses averses. Mon humeur s’accorde à celle de Marie-Annick et elle est morose. Sans doute est-ce la fatigue qui tombe ou les nerfs qui lâchent liés au changement de rythme. Mais peut-être est-ce le résultat d’un coup de fil (qu’elle m’affirme n’avoir pas passé alors que je l’ai vu s’éloigner dans le jardin, le téléphone collé à l’oreille) qui réveille la langueur d’une absence mal supportée. Cela vient de lui ou cela vient d’elle. Et mon cœur élastique, tendu au maximum, essaie de supporter les états d’âme de mon Ange. J’aimerais tant que ses mensonges soient la traduction de son amour pour moi et du désir de me préserver le plus possible de ce maelstrom qui la coupe en deux. La fille coupée en deux, voilà son nom aujourd’hui ! Et la lutte est intense pour recoller les morceaux, intense et impossible à gagner. Elle finira par perdre un morceau d’elle-même : vingt trois années ou deux mois de sa vie, moi ou lui puisqu’il paraît inconcevable qu’elle conserve les deux.
Je me souviens de ce premier dimanche où je suis venue chez Serge et toi. C’était peut-être un dimanche d’avril. Mon père m’avait conduit à la Gare de Lyon. Il semblait anxieux et fatigué. Je crois qu’il m’a dit pourquoi mais j’en ai perdu e souvenir. Et à cet instant, assise à côté de lui, je me suis sentie tellement proche de lui, de sa lassitude. Un sentiment adulte et fort. Mon père n’était plus mon père, il était devenu un homme avec sa fragilité et une déchirure que je percevais pour la première fois.
Lorsque je t’ai appelée de la gare de Val de Fontenay pour te demander comment arriver, je crois que tu as été surprise que je me sois décidée à venir. Comme chaque dimanche après-midi, Serge était allé répéter avec un groupe de copains. Tu étais seule, avec Julien qui jouait dans sa chambre, vêtue d’un jogging rose et d’une paire de chaussettes bleues en laine douce. Impression étrange de me retrouver dans ton univers, chez toi. Tu m’as accueillie en souriant et je suis certaine qu’à ce moment précis, mon cœur a abdiqué devant ton sourire magnifique et conquérant. Et toi, te souviens-tu de cet après-midi dans le petit salon ? Ce premier rendez-vous intime, loin de notre quotidien du lycée ? Toi, à moitié allongée sur le canapé et moi, les fesses posées au bord d’un fauteuil buvant tes paroles qui coulaient comme un ruisseau nonchalant ?
18:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, jalousie




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