« Pensée du jour n°5 | Page d'accueil | Lundi 5 mai 2008 9h00 »
05.05.2008
Lundi 5 mai 2008 4h30
Mon Ange,
Comme presque chaque nuit depuis plus de deux mois, je suis réveillée, allongée près de toi et je te regarde dormir. Ton visage est indistinct, simplement éclairé par le rayon de lumière qui traverse le palier par l’entrebâillement de la porte de notre chambre. Pendant plus d’une heure je t’ai silencieusement parlé. Une prière muette comme celle que les orfèvres de Notre Dame, depuis presque quatre siècles et demi, déposent à la Vierge Marie en ce début du mois de mai. Puis, incapable de me rendormir, je me suis levée pour t’écrire, pour coucher sur ce papier vulgaire, l’état de mon âme.
Comment te dire, encore et toujours, cet amour de toi et ton amour de moi qui m’émeut au-delà des larmes et des rires fulgurants qui s’écoulent ? Comment t’écrire cette vague déferlante qui veut que meure en moi cet amour, passionné certes, mais tellement mure de tes caresses, de tes regards et de tes attentions ? Rien de cet amour n’est cohérent, normal et normalisé. Depuis ce jour où tu m’as choisi avec tes mots et tes sourires, depuis l’instant où je me suis totalement laissé faire (et avec quel bonheur !). Tu m’as imposée dans ta vie avec Serge et Julien, dans ce quotidien que nous avons d’abord partagé à quatre puis à cinq avec Lucie, cette fille que tu m’as donnée, cette vie que tu m’as confiée.
Non, rien de très normal que cette vie ensemble. Vingt trois ans de « secret » aux yeux de tous ceux qui sont nos amis et nos connaissances ; vingt trois d’amour que tu voulais protéger et vivre avec moi, la main dans la main pour qu’aujourd’hui tu l’offres à celui qui fait tout exploser autour de nous.
Ce matin, je me sens à la fois Cyrano de Bergerac et Ruy Blas, ce vers de terre amoureux d’une étoile et qui n’en revient toujours pas que cet astre magnifique a pu s’attarder sur moi. Et, petit à petit, nos forces se sont constituées en allant puiser l’une dans l’autre cette formidable énergie qui nous a conduite ici et maintenant.
Aujourd’hui tu veux t’évader de cette « cage » dans laquelle je ne t’ai jamais enfermé pour t’envoler vers une « liberté » qui va t’emprisonner dans une illusion qui te détruira et qui m’anéantira. Déjà, elle s’appuie sur des omissions et sur des mensonges. Pense à cela lorsque tu le regardera au fond des yeux, tout à l’heure lorsqu’il viendra te retrouver. Parce qu’il sera là, ce midi, avec toi. Ce midi et demain peut-être aussi. Mais peu importe ces blessures que tu nous fais puisque ce soir, en rentrant d’une journée de travail à laquelle je me rends comme si j’allais à l’abattoir, tu seras là.
Sèche tes larmes, pense à nous avec tout l’amour que tu as au fond de toi. Ferme les yeux, sens à nouveau tes mains sur mon corps alangui ; imagine les miennes lorsqu’elles te font frémir de sensualité puis exploser de plaisir. Nous sommes cela avant tout : deux femmes qui s’aiment d’un amour indestructible et chaleureux. Nous sommes incohérentes, sûrement, mais certaines de celle que nous avons choisi ou que le hasard a mis sur notre route. Je suis d’accord pour conduire cet ULM fou dans lequel nous sommes mais surtout ne saute pas en plein vol.
Je t’aime d’un amour « secret » comme ces violettes, secret mais pas platonique.
Ton amante, ton amoureuse impénitente, ta femme, celle de ta vie.
Marthe
04:30 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, jalousie




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