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05.05.2008
Lundi 5 mai 2008 9h00
Dix jours, dix longs jours pendant lesquels toute mon énergie, le peu qu’il m’en reste, s’est concentrée sur mon Ange. Dix jours depuis ce retour du Beaujolais. Dix jours de vacances mais au sens premier du mot : vacuité, vide. Des nuits et des jours à se ronger, à pleurer et parfois à rire. Premières vacances despérées de notre vie depuis que nous sommes seules ensemble. Tu me dis que tes états d’âme sont liés aux miens : si je vais bien tu vas bien et si je plonges tu te noies. Et je suis pareille à toi, ma jumelle, mon alter ego. Je ne trouve aucune aspérité à laquelle je pourrais m’agripper pour ralentir cette chute. Tu ne veux pas que l’on tombe et c’est toi qui me pousses dans ce gouffre. Comment pourrons nous survivre ? Ce matin tu m’as raconté ton rêve : nous sommes toutes les deux dans un ULM en position presque verticale, le nez pointé vers le ciel. Je suis aux commandes et je n’arrive pas à effectuer la manœuvre qui nous sauvera. Je suis la seule à la connaître. Je ne sais pas si la limpidité de ce rêve vaut le reflet de ton état d’esprit mais je sais que dans la vraie vie je ne suis pas le capitaine de ce vaisseau naufragé. Peut-être attends-tu que je prenne les décisions à ta place ? Je sais, que dans ce cas, la seule chose à faire et que tu abandonnes le nouveau Serge avant que ce qui te maintient en vie soit entraîné dans cet ouragan. Je te parle de Lucie bien sur, celle à qui tu tiens au-delà de lui et par-dessus moi. Chaque jour, chaque heure qui passent te rendent ce choix insurmontable. Déjà vous bâtissez ensemble des souvenirs, des lieux de pèlerinage (jardins, passerelles, ponts et restaurants desquels tu m’exclus définitivement), des églises, des cultes. Peu t’importe si pour ce faire, il pille cette histoire d’avant lui. Les nouvelles religions se sont toujours bâties sur les ruines des anciennes.
Il y a deux mois, lors des vacances de février à Saint-Pierre, je te l’avais déjà demandé : arrête tout avant qu’il ne soit plus possible de revenir en arrière. Tu as eu un ton tellement mauvais quand tu m’as répondu que c’était impossible, que tu étais libre et que je ne pourrai pas t’empêcher d’aller où tu voulais, de vivre ce que tu voulais vivre. Qu’est devenue ta liberté aujourd’hui ? Tu es enfermée et piégée, te projetant dans la seule issue de secours évidente, celle de la mort. Et je te regarde pleurer, laisser couler hors de ton corps ces gouttes et ces torrents qui t’épuisent un peu plus depuis ce 19 février 2001, qui creusent des sillons indélébiles aux creux de tes yeux d’automne que j’aime et qui ont su m’aimer un jour.
09:00 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, jalousie




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