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06.05.2008
Mardi 6 mai 2008 18h00
Tu te consumes et je m’éteins. La flamme de ma vie vacille dangereusement. Elle manque d’air et ne pourra pas tenir bien longtemps. Je suis lasse de pleurer le jour et la nuit, lasse de m’exposer à la pitié de ces noyés qui m’accompagnent dans le métro. Je me suis transformée en ce mannequin écorché de la salle de science de mon adolescence. Les tripes à l’ai, le cœur nu. Regardez bien messieurs dames ! Approchez vous et observez ce petit organe qui peut faire tomber le montagne de chair et la fluidité de l’intelligence ! Ca ne pèse pas lourd mais quels dégâts il peut causer. Une véritable balle à fragmentation qui provoque des micros blessures inguérissables qui mettent un temps infini à tuer.
18:00 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, jalousie
Mardi 6 mai 2008 8h30
J’ai recommencé à fumer depuis notre journée à Lyon, il y a quinze jours. Deux à trois cigarettes par jour pour supporter la douleur que je ressens dans la totalité de mon corps, dans chacune de mes terminaisons nerveuses. Je prends une cigarette quand je sens que ce hurlement de terreur qui m’habite veut s’échapper hors de ma gorge, expulsé par mes poumons autonomes. Soixante douze jours de régression absolue : je ne mange presque plus, je suis incapable de dormir une nuit complète. Mes paupières se soulèvent brutalement et je suis clouée à notre lit totalement éveillée et la lourde machinerie de ma tête se met en branle. Je ne maîtrise plus rien, les images se succèdent et les mots d’amour que tu ne me prononces plus, les gestes de tendresse que tu ne réserves plus qu’à un autre me transpercent. Je suis la poupée « exutoire » dans laquelle tu plantes inlassablement des épingles si mal acérées. Je me transforme en un hérisson inversé pour lequel les aiguilles ne sont plus une protection mais un supplice permanent. Pourquoi je ne refuse pas tout cela ? Qu’est-ce qui me fait tenir la tête hors de l’eau ? C’est mon refus d’accepter que tu puisses aimer quelqu’un d’autre autant que tu as dis m’aimer. C’est la certitude que ce tunnel possède une sortie vers un nouveau soleil pour nous deux. Et je m’accroche à cette bouée que j’ai saisie et que tu as refusé de me lancer.
Tu le sais que cette situation est invivable pour chacun de nous trois. Il veut te rapter, t’arracher à moi. Et tu le comprends et l’excuses. Je suis prête à accepter un partage mais lui, c’est notre déchirure qu’il souhaite. Je ne suis pas responsable du ratage de sa vie affective avant toi. Tu ne l’es pas non plus, pas plus que de la brutalité de sa séparation avec sa femme. Ce n’est pas parce qu’il t’attend désespérément dans sa maison que cela t’oblige à le rejoindre. C’est du chantage affectif tel que tu l’as toujours refusé.
08:32 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : journal intime, jalousie


