« Mardi 13 mai 2008 18h00 | Page d'accueil | Mercredi 14 mai 2008 21h30 »

14.05.2008

Mercredi 14 mai 2008 8h30

Pas d’ouverture du festival de Cannes avec mon amour ce soir. Pas de commentaires acides ou enthousiastes sur les stars montants le grand escalier recouvert d’une moquette rouge encore étincelante. Une nouvelle « petite mort » en attendant de voir défiler les suivantes. Marie-Annick ne sera pas là pour cause d’un vernissage dans les Chais de Bercy avec son âne bâté. Je ne peux pas passer le reste de ma vie à m’effondrer en larme, à me battre contre son amoureuse volonté. Tous ces jours m’ont laissé sur le carreau, « gueule cassée » d’une guerre à laquelle je n’étais pas préparée. Alors, je vais reprendre le combat mais en me défilant, en allant voir ailleurs si l’herbe est vraiment plus croquante à coté. Désertion ou collaboration. Je vais aller chercher de l’air frais, plus riche en un oxygène reconstructeur, un séjour dans un sanatorium pour lutter contre les dégâts de ces gaz respirés dans les tranchées de notre amour. Pendant ces errances, j’écrirai encore mais d’une autre manière, un « carnet de solitude » que je pourrai peut-être partager un jour avec mon Nico.

Ce soir, j’ai choisi d’aller dans notre quartier d’attachement, le Marais. J’irai prendre un café ou un verre dans un bar de préférence lesbien. Je ne sais pas si j’ai fait ce choix en espérant rencontrer quelqu’un à qui parler ou à écouter avec une attention toute particulière, celle d’une femme qui aime les femmes. Plus certainement je resterai assise à une table à observer, éternelle spectatrice d’une vie dont je me suis toujours sentie en retrait, à la marge. Mon ange est actrice de sa vie et le clame haut et fort. Le spectacle qu’elle me donne à voir me dérange, me perturbe et me fait peur mais pas de numéro à appeler pour éliminer de ma réalité le mauvais candidat : pour faire sortir le nouveau Serge, tapez le 1, le 2, le 3…etc. Il n’existe pas de touche sur mon téléphone pour le garder dans la compétition. La voix délirante et sensuelle de Tom Waits accompagne mes divagations matinales. J’ai quarante six ans mais je n’ai pas fini ma croissance. C’est moi l’adolescente attardée, infantile et narcissique et, aujourd’hui, je dois grandir instantanément, déplacer mon centre de gravité affectif. C’est beaucoup trop pour une seule et première fois !

Ecrire un commentaire